Facebook bientôt en breton, la traduction est en cours

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« La traduction va donc se faire bénévolement, et par étapes : quelques expressions d’abord (« j’aime » deviendra « plijus » ou « ‘me ‘blij din plijus »), puis l’interface entière. 400 traducteurs se seraient ainsi déjà attelés à la tâche et il existe même un groupe de discussion pour optimiser et discuter des meilleures traductions. »

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Les cookies, les caches… et les vaches.

Aujourd’hui, le 30 septembre, c’est la Journée mondiale de la traduction.

Pour marquer l’événement, nous tenons à rendre hommage à de très nombreux traducteurs bénévoles qui s’occupent de la traduction, ou plus exactement la localisation, de logiciels importants dans un monde connecté.

La localisation de logiciels est chronophage; elle peut aussi exiger un niveau élevé d’ingéniosité face aux défis particuliers de la traduction des termes techniques dans les langues façonnées par des domaines comme l’élevage, l’agriculture et la pêche.

Dans la langue chichewa du Malawi par exemple, langue parler par 10 millions de personnes, « pages mises en cache» est devenu mfutso wa tsamba, ou « des morceaux de restes de nourriture ».

Une autre exemple : à cause des maisons dépourvues de fenêtres des 440 000 personnes qui parlent du zapotèque, une famille de langues autochtones du Mexique, les « windows » de l’ordinateur sont devenus des « yeux ».

Le système d’exploitation Firefox de Mozilla (OS et non pas le navigateur), utilise environ 40000 mots; pour le OS dédié au smartphone c’est 16000 mots. Les traducteurs de ce système doivent s’exprimer sur le plan technologique dans les langues qui n’ont pas de vocabulaire correspondant, et choisir des solutions alternatives pour les mots spécifiques à la culture tel que « cookie ».

Alors, quand Ibrahima Sarr du Sénégal, a dirigé la traduction de Firefox OS en Fulah (Peul), une langue parlée par 20 millions de personnes, du Sénégal au Nigeria, il a dû inventer tout un vocabulaire technologique. « Crash » est devenu hookii (une vache tombe mais n’est pas morte); « Timeout » est devenu un honaama (votre poisson s’est échappé). « Format » est devenu jeendondiral, (une réprimande des aînés quand un filet de pêche est mal tissé).

En tant qu’organisation à but non lucratif, Mozilla peut faire des efforts dans les langues qui n’offrent aucune perspective d’un retour rapide, et grace à Ibrahim Sarr, le Fulah a récemment été mis à disposition dans le Firefox OS.

Le monde parle près de 7000 langages ; Mozilla dispose de 230 équipes de localisation et est disponible en 90 langues. Le système d’exploitation récent d’Apple propose 33 langues sorties de la boîte, et le nouvel iPhone en propose 35. Google en propose déjà 150, y compris les dialectes. Mais certaines langues parlées par des millions sont encore exclues, y compris Le Tibétain (population 3m – 4m) et Le Bambara (population 10m).

Pour l’heure, 40% de la population mondiale est en ligne : faciliter l’accès de l’Internet au reste du monde est non seulement un défi technique, mais aussi un défi linguistique. Les traducteurs bénévoles aident les exclus linguistiques à profiter pleinement de l’Internet et les services en ligne.

Le travail de localisation des logiciels apporte les pierres aux édifices, anciennes et parfois fragilisés, des langues dites « minoritaires ».

Liens de l’article :

Journée mondiale de la traduction  (Wikipedia)

Blog de Ibrahim Sarr
The Economist